La journée à l’atelier, ne commence pas toujours par un trait de crayon… Souvent, avant même le premier geste, il y a le froissement lent d’une couverture qu’on ouvre, le poids d’un livre tiré de l’étagère. Certains titres restent proches — non pour leur nouveauté, mais pour cette forme de présence discrète qu’ils tiennent dans le silence. Ce ne sont pas des livres qu’on parcourt à la hâte. On y revient doucement. Leurs surfaces sont connues. Leur voix, subtile. Voici un aperçu de trois de ces compagnons — toujours à portée de main, tout près de la table de dessin.
Indétrônables
Les voici réunis, côte à côte — couvertures usées, dos assouplis, pages un peu effilées aux bords. Ils ont été ouverts maintes fois, non par habitude, mais parce qu’ils offrent encore quelque chose, juste sous la surface. Ce ne sont pas des livres bavards. Ils n’instruisent pas. Ils restent là. Et pourtant, chaque fois qu’on les rouvre, l’œil découvre un détail qu’il n’avait jamais vu. Ce sont des présences, pas des références.
Pattern Design, de Lewis F. Day

Certains livres portent en eux la rigueur tranquille du savoir-faire. Pattern Design en fait partie. À l’intérieur : une géométrie de rythmes et de formes — des motifs qui se répètent, évoluent, s’effacent parfois. Rien d’ornemental ici. Tout est intention. Chaque page est une architecture tracée à l’encre et au crayon. Dans la vidéo feuilletée, on perçoit la retenue, la complexité de chaque dessin, comme s’il avait été longuement médité, puis relâché avec douceur. Un livre qui enseigne par la contemplation, non par l’explication.
The World of Ornament (Taschen)

Ce volume s’ouvre comme un trésor ancien. Chaque page déborde de détails — volutes, bordures dorées, fioritures jadis sculptées dans la pierre, brodées sur de la soie, peintes sur des fresques. Rien ici n’est modeste. Mais au cœur de cette abondance, il y a une structure. Une lignée. The World of Ornament propose un voyage visuel — à travers les siècles, les cultures, les matériaux et les gestes. Dans la vidéo, au fil des pages, l’œil glisse du plus petit éclat d’or à la courbe la plus massive du marbre.
Tissus Imprimés, de William Wheeler


Ce livre respire le tissu. Chaque page porte la trace d’un rythme tissé : répétitions florales, superpositions délicates, fonds saturés. Tissus Imprimés est presque tactile, même à l’image — les motifs suggèrent le poids, la texture, le mouvement, comme si l’étoffe se trouvait juste hors champ. Dans la vidéo, le papier bruisse doucement ; les dessins semblent se déplier puis se refermer, comme un souvenir qui revient en couches. Ce n’est pas qu’une étude de motifs imprimés, c’est une matière sensible.
Et vous ?
Quel livre appelle votre regard aujourd’hui ? Ouvrez-le. Laissez le motif, la courbe, la texture venir à vous. D’autres fragments silencieux de l’atelier arrivent bientôt — abonnez-vous pour suivre le fil discret des choses.
