Tout commence toujours par une sensation. Pas une théorie, ni une règle—juste la trace légère d’une teinte, flottant quelque part dans l’esprit de (NØ), comme le parfum d’un lieu qu’elle n’a jamais visité, mais dont elle semble garder le souvenir. Trouver la bonne palette n’a rien à voir avec l’harmonie parfaite des tons—c’est une question de résonance. Comment une couleur se ressent-elle lorsqu’elle se pose à côté d’une autre ? Quel silence crée-t-elle ? Quelle histoire commence-t-elle à raconter ?

Dans son carnet, les pages deviennent des champs d’expérimentations tranquilles. De minuscules touches fleurissent dans les marges—murmures d’ocre, mélancolie d’un vert profond, douce insistance du brun terre de sienne. (NØ) teste, dilue, superpose. Elle laisse courir certains pigments librement, tandis que d’autres restent tenacement contenus dans leurs cases bien rangées. Chacun parle différemment. Certains murmurent, d’autres crient.


Cet été, (NØ) s’est sentie attirée par des roses fanés et des mousses délicates. La palette s’est révélée lentement, comme des pétales s’ouvrant sous un ciel voilé. Ce n’était pas un coup de foudre. Il a fallu du temps. Des regards. Des ajustements. Des remises en question. Revenir. Lâcher prise.

Bientôt, ces accords discrets se sont glissés dans son carnet de croquis—traces de pétales, ombres de plantes sauvages, échos doux de lieux traversés sans un mot. Les peintures sont devenues les archives fragiles de cette recherche chromatique, chaque coup de pinceau comme une conversation intime avec la lumière, la mémoire et l’intuition.

(NØ) partage avec vous quelques fragments de ce voyage : des pages de son carnet, la palette qui a fini par s’imposer, et des extraits des peintures qui en sont nées.

Parce que parfois, la couleur ne se regarde pas seulement—elle s’écoute.