Parfois, l’atelier ne commence pas par le dessin, mais par le lent rassemblement de ce qui a toujours été là. Ces objets proches de la main, choisis sans y penser, alignés comme des témoins silencieux sur la table. Rien n’a besoin d’être neuf. Rien n’a besoin d’être autrement. Chaque outil porte en lui une invitation discrète — familière, silencieuse, patiente. Voici un regard plus attentif sur ce qui demeure, lorsque le travail commence.
Depuis toujours préférés

Certains outils reviennent naturellement à la main, avant même que la pensée ne les nomme. Patinés par le temps, polis par l’usage, ils n’ont plus besoin d’être choisis. Un crayon ancien, une boîte de mines cabossée, une teinte familière : ils ne parlent pas de nouveauté, mais de mémoire. Les tenir, c’est recommencer—sans hésitation.
Crayons à papier et crayons mécanique


Le graphite a plusieurs voix. Dans l’atelier de (NØ), les crayons de bois aux gestes tendres côtoient la précision discrète des mécaniques. L’un s’efface à mesure qu’il trace, l’autre avance d’un clic mesuré. Deux humeurs, deux langages, un même instinct.
Les gommes qu’on garde vraiment

Effacer, ici, n’est jamais corriger, mais affiner. Une gomme mie de pain, modelée comme une pensée mouvante. Une gomme tendre qui s’effrite doucement, comme le crépuscule sur la page. Une gomme blanche aux contours nets, qui efface avec une précision presque chirurgicale. Chacune conserve la trace de ce qui fut là — et de ce qui demeure. Elles ne viennent pas après, elles font partie du geste.
Outils insolites et inattendus

Tout n’a pas besoin d’un but clair. Un taille-crayon en laiton, quelques pinces gardées non pour leur usage mais pour leurs formes étranges. Des objets oubliés, détournés, trouvés—petites présences familières dans le désordre de l’atelier. Ils ne s’expliquent pas toujours, mais ils restent. Ils rappellent que la création ne suit aucun tracé droit.
Carnets de croquis : formats, textures, possibilités

Le choix du papier transforme le geste. Dans la collection de (NØ), certains carnets ont des pages fines comme un souffle, qui se gondolent au contact de l’eau ; d’autres sont épais, granuleux, faits pour accueillir le charbon ou la douceur du crayon. Certains tiennent dans une poche, d’autres s’ouvrent comme un paysage. Chacun offre un espace singulier — une invitation à entrer, à répondre, à s’attarder.
Et vous ? Quel outil vous appelle aujourd’hui ? Prenez-le. Non pour terminer, mais pour commencer. D’autres fragments d’atelier bientôt — abonnez-vous pour rester proche du silence à l’œuvre.
